Ce que mes patientes ont en commun et ce que ça dit de notre époque
Marie-Myriem MOKRANIShare
Depuis que j'ai ouvert mon cabinet, j'ai accompagné des personnes très différentes.
Des profils variés, des histoires distinctes, des comportements alimentaires qui ne se ressemblent pas.
Mais après un certain nombre de consultations, j'ai commencé à voir un fil rouge. Pas dans l'assiette. Dans ce que ces personnes vivent et dans ce qu'elles ne se permettent pas.
La honte comme point de départ
Presque toutes les personnes qui me consultent arrivent avec de la honte.
Pas forcément exprimée parfois juste dans la façon dont elles parlent d'elles-mêmes.
'Je suis nulle avec la nourriture.'
'Je n'ai aucune volonté.'
'J'aurais pas dû.'
Cette honte précède souvent la première consultation de plusieurs années. Les personnes attendent d'aller 'assez mal' pour demander de l'aide.
Comme si elles devaient mériter l'accompagnement.
L'hyperconnexion et la déconnexion de soi
Quelque chose que j'observe de plus en plus : des personnes hyper-connectées à tout leurs notifications, leurs réseaux, les émotions des autres et profondément déconnectées de leurs propres signaux internes.
Faim, satiété, fatigue, émotions : tout ce qui vient de l'intérieur est flou.
Et la nourriture devient souvent le premier et seul outil de régulation disponible parce qu'il est immédiat, accessible et socialement accepté.
Le perfectionnisme alimentaire
Un autre fil rouge : la pression de 'bien faire' avec la nourriture. Manger sainement, équilibré, proprement.
Cette pression est souvent directement liée à la pression de bien faire dans les autres domaines de vie.
La nourriture devient un terrain de performance et l'échec alimentaire devient un échec personnel global.
Ce que ça dit de notre époque
Notre époque valorise le contrôle, la performance, la constance. Elle glorifie le corps comme projet, l'alimentation comme discipline. Et elle laisse peu de place à la vulnérabilité, à l'imperfection, à l'écoute de soi.
Ce contexte ne justifie pas les comportements qui font souffrir. Mais il les explique et il mérite d'être nommé. Parce que comprendre dans quel système on évolue, c'est la première étape pour choisir autrement.
Ce que mes clientes ont en commun, c'est d'avoir grandi dans un monde qui leur a appris à se surveiller plutôt qu'à s'écouter. Mon travail, c'est de créer un espace où l'écoute redevient possible. Progressivement.
Sans jugement.
Si tu veux être accompagné, voici comment je peux t'aider :
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