Quand on ne ressent plus son corps : déconnexion corporelle, émotions et hyperphagie
Marie-Myriem MOKRANIShare
Introduction
Beaucoup de femmes me disent, souvent avec une pointe d’inquiétude ou de découragement :
« Je ne sais plus quand j’ai faim. »
« Je ne ressens rien avant de manger. »
Et presque toujours, cette phrase est suivie d’une autre, plus silencieuse encore :
« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
Alors j’aimerais poser cela d’emblée, clairement :
ce que tu vis n’est ni un hasard, ni un défaut, ni un dysfonctionnement.
👉 C’est très souvent le signe d’une déconnexion corporelle.
Et surtout, c’est quelque chose qui a du sens.
1. La déconnexion corporelle : une adaptation, pas une anomalie
Se couper de ses sensations n’est pas un caprice du corps.
C’est parfois une stratégie de protection mise en place au fil du temps.
Quand les émotions sont :
-
trop intenses,
-
trop fréquentes,
-
trop envahissantes,
le corps peut apprendre à se mettre en retrait.
À baisser le volume.
À ne plus tout ressentir.
Non pas parce qu’il “ne fonctionne plus”,
mais parce que ressentir était devenu trop difficile.
👉 Ce mécanisme est très fréquent chez les personnes souffrant d’hyperphagie ou d’alimentation émotionnelle.
Il permet de tenir, de continuer, de faire face… même si le prix à payer est une perte de contact avec soi.
2. Pourquoi moins on ressent, plus on compense
Lorsque les signaux internes deviennent flous —
la faim, la satiété, la fatigue, le stress —
il devient difficile de savoir ce dont on a réellement besoin.
👉 La nourriture prend alors le rôle de repère externe.
On mange :
-
« parce que c’est l’heure »
-
« parce que c’est là »
-
« parce que ça calme »
-
« parce que ça fait du bien, au moins sur le moment »
Ce comportement n’est pas un excès incontrôlé.
Ce n’est pas un manque de volonté.
C’est souvent un manque de repères internes,
une tentative de régulation quand le corps ne sait plus comment s’exprimer autrement.
3. Se reconnecter au corps n’est pas inné, ça s’apprend
Beaucoup de femmes pensent, parfois avec beaucoup de dureté envers elles-mêmes :
« Je devrais écouter mon corps, mais je n’y arrive pas. »
La vérité est beaucoup plus simple — et plus juste :
👉 personne ne t’a appris à le faire.
On nous apprend à contrôler, à rationaliser, à ignorer les signaux,
rarement à les accueillir ou à leur faire confiance.
La reconnexion corporelle n’est pas un retour magique à l’intuition.
C’est un apprentissage progressif, qui demande :
-
de la sécurité,
-
de l’accompagnement,
-
du temps,
-
et surtout… aucune pression.
4. Pourquoi attendre la faim peut aggraver les compulsions
Chez les personnes déconnectées de leur corps,
attendre la faim peut devenir un piège.
-
attendre la faim = arriver trop tard
-
trop de faim = perte de contrôle
-
perte de contrôle = culpabilité
-
culpabilité = restriction… et le cycle recommence
👉 L’objectif n’est donc pas d’avoir des signaux “parfaits” ou “idéaux”.
👉 L’objectif est avant tout de retrouver une stabilité émotionnelle et corporelle,
un sentiment de sécurité intérieure à partir duquel le corps peut, petit à petit, se réexprimer.
5. Ce que change une approche corps–émotions
Quand on cesse de forcer,
quand on arrête de lutter contre son corps,
et qu’on commence à l’écouter avec curiosité plutôt qu’avec jugement,
alors, progressivement :
-
les compulsions diminuent,
-
la culpabilité s’apaise,
-
la relation à la nourriture devient plus neutre,
-
et le corps retrouve sa place de guide, pas d’ennemi.
C’est un chemin doux, parfois lent,
mais profondément transformateur.
Ton corps n’est pas silencieux.
Il a simplement appris à se taire pour te protéger.
Et bonne nouvelle :
il peut aussi réapprendre à parler, à son rythme.
👉 Si tu souhaites te reconnecter à ton corps sans te juger,
👉 si tu veux être accompagnée avec bienveillance et clarté,
mon accompagnement est là pour ça.
Lien disponible sur mon site.